24h du Mans 2026: le point au petit matin
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Le 14/06/2026
Cadillac résiste, Bourdais abandonne, la bataille fait rage au lever du jour

Lorsque le soleil s'est levé ce dimanche matin sur le Circuit de la Sarthe, les 24 Heures du Mans 2026 ont basculé dans leur seconde moitié. Après seize heures de course, rien n'est encore joué dans la catégorie Hypercar, même si la Cadillac n°12 du Hertz Team JOTA conserve l'avantage. Derrière elle, Toyota, BMW, Ferrari et Alpine restent parfaitement dans le match tandis que la nuit a réservé son lot de coups de théâtre, à commencer par l'abandon de la Cadillac n°38 de Sébastien Bourdais.
Une nuit dominée par Cadillac
Depuis le début de la nuit mancelle, Cadillac a démontré qu'elle possédait probablement le meilleur package de cette édition 2026.
Les deux V-Series.R du Hertz Team JOTA ont longtemps contrôlé les débats. La n°38 de Sébastien Bourdais, Earl Bamber et Jack Aitken a même occupé la tête de la course après onze heures d'épreuve, devant la Toyota n°8 et la Cadillac sœur n°12. Pendant plusieurs heures, la marque américaine a semblé capable de réaliser un doublé historique au Mans.
La n°12, pilotée notamment par Norman Nato, Will Stevens et Louis Delétraz, n'a jamais quitté les avant-postes. Régulière, rapide et parfaitement exécutée dans les stands, elle a progressivement pris le contrôle de la course lorsque les ennuis ont commencé à frapper ses adversaires.
Le cauchemar de Sébastien Bourdais
Mais la grande histoire de cette nuit restera sans doute la désillusion de Sébastien Bourdais.
Vers 4 heures du matin, alors que la Cadillac n°38 figurait parmi les prétendantes les plus sérieuses à la victoire, un problème de direction assistée est apparu. La voiture est rentrée au garage, provoquant immédiatement l'inquiétude dans le clan Cadillac.
Les mécaniciens ont remplacé plusieurs composants, dont le boîtier de contrôle électronique. Après une longue intervention, la voiture est repartie en piste avec plusieurs tours de retard. Le visage de Bourdais, casque à la main devant son stand, résumait parfaitement la situation. Le Français avait compris que ses chances de remporter enfin une nouvelle victoire au Mans venaient probablement de s'envoler.
La suite n'a malheureusement pas été meilleure. Les problèmes sont revenus au petit matin et l'abandon définitif a finalement été officialisé peu après 8 heures. La Cadillac n°38 devient ainsi la première Hypercar éliminée de cette 94e édition. Un immense coup dur pour le pilote manceau qui rêvait de triompher à domicile.
Toyota revient dans le match
Pendant que Cadillac perdait l'une de ses armes principales, Toyota construisait méthodiquement sa remontée.
La GR010 Hybrid n°8 de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryō Hirakawa a multiplié les relais solides durant la nuit. Buemi a même signé le meilleur tour de la course en 3'25"968, démontrant que les Japonais n'avaient rien perdu de leur vitesse malgré une pénalité reçue pour non-respect d'une procédure de Full Course Yellow.
L'autre Toyota, la n°7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries, a elle aussi réalisé une belle progression. Longtemps légèrement décroché, l'équipage est remonté dans le top 5 grâce à un rythme particulièrement impressionnant au cœur de la nuit.
À seize heures de course, Toyota place ainsi deux voitures dans le top 4 et reste probablement le constructeur le plus menaçant pour Cadillac.
BMW confirme son potentiel
S'il y a une équipe qui impressionne depuis le départ, c'est également BMW.
La n°20 du Team WRT n'a cessé de mettre la pression sur les leaders. À plusieurs reprises durant la nuit, l'écart avec la Cadillac n°12 est tombé sous les trois secondes. Robin Frijns, René Rast et Sheldon Van Der Linde ont démontré une régularité remarquable.
Au petit matin, la BMW occupait toujours une place sur le podium provisoire et restait totalement en mesure de jouer la victoire finale. Une performance qui confirme les progrès réalisés par le constructeur bavarois depuis son retour au plus haut niveau de l'endurance mondiale.
Ferrari plus discrète mais toujours présente
Triple vainqueur en titre des 24 Heures du Mans, Ferrari vit pour l'instant une course plus compliquée que lors des trois dernières éditions.
La n°51 d'Antonio Giovinazzi, Alessandro Pier Guidi et James Calado reste cependant solidement installée dans le groupe de tête. Quant à la Ferrari n°83 de Robert Kubica, Yifei Ye et Phil Hanson, elle demeure également à portée des leaders malgré un tour de retard.
Les Rouges savent mieux que quiconque qu'une édition du Mans se gagne souvent dans les dernières heures. Personne ne peut donc les écarter de la lutte pour la victoire.
Alpine toujours dans le coup
Du côté d'Alpine, le bilan est globalement positif.
Les deux A424 ont connu plusieurs alertes liées aux freins arrière durant la nuit, mais les équipages ont su limiter les dégâts. António Félix da Costa, Charles Milesi et Ferdinand Habsburg occupent une excellente sixième place tandis que la seconde Alpine pilotée notamment par Frédéric Makowiecki, Jules Gounon et Victor Martins figure également dans le top 10.
Au lever du jour, da Costa livrait d'ailleurs une bataille intense face à Antonio Giovinazzi pour la cinquième place, signe que l'équipe française conserve encore des ambitions importantes pour la suite de la course.
Kevin Estre victime d'une spectaculaire sortie
Le début de matinée a également été marqué par l'accident de Kevin Estre.
Engagé en LMP2 avec TDS Racing, le pilote français est parti à la faute au freinage d'Indianapolis. Son Oreca n°14 a terminé sa course dans les graviers après un choc contre les barrières. L'incident a provoqué une Slow Zone et coûté de précieuses minutes à l'équipage.
Une nouvelle désillusion pour un pilote qui figurait parmi les favoris de sa catégorie.
Duqueine mène la danse en LMP2
En LMP2, la Duqueine Team continue de réaliser une prestation remarquable.
Richard Verschoor a longtemps occupé la tête de la catégorie avant de céder son volant à Doriane Pin. L'équipage français doit toutefois surveiller de près les deux voitures Inter Europol Competition qui restent au contact et pourraient profiter de la moindre erreur dans les dernières heures.
Une fin de course qui s'annonce exceptionnelle
À huit heures de l'arrivée, le suspense demeure total.
Cadillac possède toujours l'avantage grâce à la n°12, mais Toyota, BMW, Ferrari et même Alpine restent suffisamment proches pour croire encore à la victoire. Après une nuit relativement calme en termes d'abandons, les organismes commencent à fatiguer, les mécaniques ont déjà subi seize heures d'efforts et la moindre erreur pourrait redistribuer toutes les cartes.
Une chose est certaine : après la désillusion de Sébastien Bourdais et les nombreux rebondissements de la nuit, cette édition 2026 des 24 Heures du Mans est loin d'avoir livré son verdict.













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